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Messe en la bémol majeur dite “de Méhul” (F. X. Kleinheinz)

Date

1804

Description

Kyrie – Gloria – Credo – Sanctus – Benedictus – Agnus Dei

Texte

On a dit et cru pendant deux siècles que cette messe avait été composée pour les cérémonies du Sacre de Napoléon en décembre 1804, mais que le futur empereur lui aurait finalement préféré une partition de son protégé italien Paisiello. Jamais créée en France, l’œuvre aurait voyagé de manière inexpliquée en Europe : les sources en sont multiples puisqu’on trouve des copies manuscrites à Vienne et Bratislava notamment. La vérité est tout autre : il s'agit d'une contrefaçon identifiée par Rita Steblin et réalisée par un compositeur viennois du nom de Franz Xaver Kleinheinz (1765-1832). Il fit circuler la partition sous forme de copies, dont les exécutions connurent de grands succès. Cette messe est écrite pour quatre voix principales (SATB), chœur et orchestre. Les séquences dédiées aux solistes, très nombreuses, utilisent plutôt une écriture en bloc, opposant solos et chœur sur le modèle responsorial. L’orchestre rassemble les bois par deux, deux cors, deux trompettes, timbales et cordes. Les élans introductifs du Kyrie passent du p au f en l’espace de quelques notes. Le chœur entre, solennel, mais ce sont les solistes qui se chargent d’orner le dessin musical, dans le même esprit que les volutes d’instruments à vent en gammes et doubles croches que l’on retrouvera à bien d’autres occasions. Le Gloria commence également par un motif de jubilation confié au bois. Le Qui tollis fait appel à une clarinette soliste pour assoir son caractère intimiste. Le chœur n’hésite pas à moduler de manière inattendue, tandis que les solistes se font entendre pour la première fois de manière isolée. Le Credo, morceau le plus « viennois » de sonorité, débute par un motif rendu très expressif par ses dissonances successives. Renouant avec un climat intimiste, le Sanctus est tendrement bercé par les dessins d’instruments à vent. Le bref Pleni sunt coeli n’est qu’une introduction majestueuse à la fugue de l’Hosanna. En si bémol majeur, le Benedictus semble emprunter sa formule à une romance populaire. Une reprise de la fugue sur Hosanna en dynamise l’indolence sereine. L’Agnus Dei rejoint le ton principal de la bémol majeur dans une texture que n'aurait pas désavouée Méhul : instruments à vent faisant harmonie ou doublure des voix, le tout sur pizzicati de cordes.